Depuis début 2015, des centaines de milliers de migrants sont entrés sur le territoire de l’Union européenne, en prenant tous les risques, fuyant pour beaucoup d’entre eux les zones de conflit en Syrie et en Irak et la barbarie de Daech.

Cette forte augmentation de la pression migratoire s’est faite tout particulièrement sentir en des points très localisés de notre territoire. Le Calaisis, du fait de leur proximité avec le Royaume-Uni, a été tout particulièrement impacté, avec la constitution, sur son territoire, du camp dit de « la Lande » à Calais. Ce lieu, où des hommes, des femmes, des enfants ont vécu dans des conditions extrêmement précaires, a servi de base arrière aux passeurs qui y conduisaient leurs victimes avant de leur extorquer le prix d’un périlleux et improbable passage outre-Manche.

Face à un tel drame et dans l’intérêt des migrants eux-mêmes, qui sont avant tout des victimes, la réponse de l’État se situe à la fois sur le terrain de la répression des passeurs – 290 filières d’immigration clandestine ont été démantelées en 2016 – et de l’assistance humanitaire.

Une action forte et difficile est conduite sur le plan humanitaire afin d’accueillir les réfugiés dans des conditions dignes.

En effet, si de nombreux aménagements ont été réalisés en 2015 et 2016 à Calais pour améliorer autant que possible les conditions de vie des migrants, notamment les femmes et les enfants, le travail de fonds pour offrir une mise à l’abri à tous n’a jamais cessé. La mobilisation totale et inédite de l’État, mais aussi des collectivités territoriales, des partenaires associatifs et des Français a permis l’ouverture de centres d’accueil et d’orientation sur tout le territoire.

Lancé par un programme du 27 octobre 2015, les centres d’accueil et d’orientation, structures ouvertes dans des bâtiments qui appartiennent à l’État ou qui lui sont prêtés, ont vocation à accueillir temporairement les migrants en situation de grande précarité.

Près de 400 CAO (centres d’accueil et d’orientation) répartis sur le tout le territoire (hors Ile-de-France et Corse), ont ainsi accueilli plus de 13 300 personnes depuis octobre 2015. Plus de 7 000 d’entre-elles l’ont été dans le cadre du démantèlement du camp de la Lande, qui est intervenu à la fin du mois d’octobre 2016. Une évacuation préparée pendant plusieurs mois, très organisée, qui avait pour objectif de proposer une solution à chacun (Voir la page “le démantèlement du camp de la Lande”).

Les CAO, la clé d’un accueil digne en France

Ces centres d’accueil et d’orientation sont la clé d’un accueil digne en France. Il permettent aux migrants de bénéficier d’un temps de répit, dans des conditions stables et rassurantes, favorisant leur réflexion sur la suite de leur parcours migratoire. La très grande majorité d’entre-eux – plus de 80 % – s’inscrit en effet dans une démarche de demande d’asile en France et les centres d’accueil et d’orientation les accompagnent naturellement vers cette voie.

Les migrants bénéficient également d’un suivi sanitaire et social grâce à la mobilisation des associations locales.

Les CAO ne constituent pas une solution d’hébergement sur le long terme. Les migrants qui y sont accueillis ont vocation à rejoindre d’autres dispositifs dès lors qu’ils auront déposé une demande d’asile en France. Néanmoins les CAO resteront ouverts aussi longtemps qu’il le faudra.

Un comité de suivi et une charte de fonctionnement

Un comité de suivi des CAO a été installé fin février 2016. Il rassemble les services de l’État et les partenaires associatifs et opérateurs engagés dans les CAO ou aux côtés des migrants à Calais. Il se réunit régulièrement, sous la présidence des ministres de l’Intérieur et du Logement et de l’Habitat Durable.

Dans le cadre de ces comités de suivi, une charte sur le fonctionnement des CAO a été élaborée et adoptée en juillet 2016.

Cette charte édicte des règles claires de fonctionnement et fixe le cadre de prise en charge des migrants sans-abri :

  • conditions d’accueil et de localisation,
  • taux d’encadrement,
  • modalités d’évaluation juridique, sociale et médicale de la situation des personnes accueillies et de mise en œuvre d’un accompagnement adapté,
  • prestations proposées dans les centres,
  • mesures prises pour assurer la sécurité des personnes prises en charge.

Une attention particulière est portée aux personnes vulnérables.

Cette charte a permis d’uniformiser les conditions d’accueil et l’hébergement dans les différents centres.

Un accompagnement social et administratif

La personne accueillie en CAO bénéficie d’un accompagnement  et d’une prise en charge sociale et sanitaire adaptés à sa situation.

Cet accompagnement permet :

  • l’ouverture des droits auxquels le personne peut prétendre ;
  • un accès, si nécessaire, au regard de l’état de la personne, à une offre de soins ;
  • l’orientation vers d’autres structures ou dispositifs adaptés à la situation juridique de la personne (centres pour demandeur d’asile, centres provisoires d’hébergement ou accès direct au logement, centres d’hébergement d’urgence, dispositif d’aide au retour…).

L’OFII (Office français de l’immigration et de l’intégration) est chargé de l’information sur la procédure d’asile, de la présentation des aides au retour, de la présentation des possibilités d’admission au Royaume-Uni et de l’orientation vers un hébergement du dispositif national d’accueil des demandeurs d’asile : CADA, UTSA, HUDA ou local pérenne.

Le coût moyen d’une place en CAO est de 25€ par personne et par jour.

Ce coût comprend l’hébergement, 3 repas et l’accompagnement social, sanitaire et administratif.

Le migrant ne perçoit aucune allocation.