Réponse de Fabien SUDRY, préfet du Pas‐de‐Calais au rapport sur la situation migratoire à Calais publié par Human Rights Watch

Fabien SUDRY, préfet du Pas-de-Calais, réfute catégoriquement les allégations calomnieuses sur l’action des forces de l’ordre à Calais contenues dans le rapport de l’association Human Rights Watch. Celles-ci ne reposent sur aucun fondement vérifié.

Les forces de police agissent bien entendu sur Calais dans le respect des règles de l’État de droit, avec le seul objectif de faire respecter l’ordre et la sécurité publics.

Le préfet rappelle la possibilité à toute personne estimant que ses droits sont mis en cause de saisir les autorités judiciaires compétentes. À sa connaissance, seules trois plaintes ont été déposées depuis fin 2016 à l’encontre de l’action des forces de l’ordre ; elles en sont à un stade d’instruction.

Les policiers travaillent à Calais comme sur l’ensemble du territoire dans un cadre légal et réglementaire précis dans lequel peuvent être mis en œuvre des contrôles d’identité sur la base de réquisitions du procureur de la République, des dispersions de regroupements ou d’attroupements non autorisés ou des procédures d’éloignements pour des reconduites à la frontière s’agissant des personnes en situation irrégulière sur le territoire.

Ils interviennent également sur Calais pour empêcher les intrusions dans les infrastructures ou dans les poids lourds, ou bien encore pour prévenir les tentatives de barrages sur les routes et les autoroutes qui peuvent être particulièrement dangereux pour les usagers comme pour les migrants eux-mêmes. A ce titre, depuis le début de l’année, 17 867 intrusions dans les infrastructures ont été déjouées.

Les forces de l’ordre interviennent en outre pour prévenir les rixes et les bagarres qui se produisent parfois entre les groupes, démanteler les réseaux de passeurs qui exploitent la misère, mais aussi pour secourir les migrants qui tentent de rejoindre l’Angleterre sur des embarcations de fortune ; leurs interventions contribuent à ce titre à sauver les personnes.

Les moyens de coercition quand ils s’avèrent nécessaires, obéissent strictement au principe de la proportionnalité de la réponse au risque. Les policiers sont, faut-il le rappeler, des professionnels qui exercent leur mission avec discernement, sens des responsabilités et dans un cadre hiérarchique précis.

La mention dans le rapport d’utilisation gratuite et systématique d’un gaz à poivre sur les migrants est particulièrement calomnieuse.

S’agissant des mineurs, leur protection est assurée sur Calais, conformément à la législation de protection de l’enfance, à travers une mise à l’abri systématique des personnes qui se déclarent mineures au centre de Saint-Omer géré par France Terre d’Asile. 1510 mineurs ont été mis à l’abri à ce titre depuis le début de l’année. Les maraudes d’information pour les mineurs ont été d’ailleurs intensifiées.

Une attention est également portée sur les personnes vulnérables, par des hébergements dans le dispositif de logement d’urgence, notamment pour les familles, ou par des prises en charge sanitaire.

En ce qui concerne la distribution des repas, elle est parfaitement autorisée, mais les pouvoirs publics souhaitent éviter les actions anarchiques qui sont susceptibles de perturber l’ordre public, notamment dans le centre de Calais.

En revanche, s’agissant de la gestion de la demande d’asile, le choix fait par le gouvernement est d’appliquer sur Calais les procédures de droit commun, à travers la possibilité donnée aux migrants de s’adresser au guichet unique de la demande d’asile de la préfecture de région à Lille. Il n’est pas prévu d’ouvrir un guichet de traitement sur Calais.

Fabien SUDRY regrette ces accusations non vérifiées qui jettent le discrédit sur nos forces de l’ordre, lesquelles travaillent sur Calais sur des missions difficiles et qui bénéficient par ailleurs de la confiance de la population.

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